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20/02/2010

LES DISQ'UTEURS Volume 6 Lundi 15 Février : Bilan et coups de cœur 2009

LES DISQ'UTEURS Volume 6

Lundi 15 Février : Bilan et coups de cœur 2009

 

On débute par un survol de l'industrie du disque qui vacille : en 2002, elle pesait 1 302 millions d'euros, aujourd'hui elle ne parvient même pas à la moitié de ce résultat. 60 % de perte en l'espace de 7 ans ! Avec, cependant, un ralentissement de la baisse en 2009. Le CD reprendrait-il de la vigueur ? C'est oublier un décès monumental qui, à lui seul, a inversé le cours du temps et de la crise, mais qui (mal)heureusement ne se reproduira pas chaque année : la mort de Michael Jackson ! Aux Etats-Unis, Itunes est le plus gros vendeur de phonogrammes et le streaming (écoute en ligne) explose en doublant largement ses revenus. En France, la FNAC Bastille, qui vendait exclusivement du disque, a fermé ses portes et les disquaires en général sont plus que moribonds.

Le disque va donc mal, très mal. Mais la musique, elle, est en pleine forme. En témoigne ce premier rendez-vous de l'année, une nouvelle fois riche en découvertes. Objectif : écouter les disques marquants de 2009 selon la presse musicale...


Mais avant,

Hommage à quelques artistes envolés :

Alain Bashung, Les Paul (à l'origine de la guitare électrique dite « Solid body » sans laquelle le rock...), Willy Deville, Rashied Ali (batteur de la dernière période de John Coltrane), Jacno (souvenez-vous avec Elli Medeiros), Hugh Hopper (bassiste de Soft Machine), Maurice Jarre, Blossom Dearie (chanteuse de jazz trop méconnue), Ron Asheton (guitariste des Stooges, le groupe d'Iggy Pop), Sky Saxon (génial illuminé du groupe The Seeds, fleuron du rock psychédélique à la fin des années 60), Vic Chesnutt (artiste viscéral du rock indépendant à l'œuvre déchirante) et bien sûr Michael Jackson.


Nous sommes donc en 2010 après Jésus-Christ. Toutes les oreilles écoutent du MP3... Toutes ? Non ! Un petit groupe d'irréductibles mélomanes résiste encore et toujours à l'envahisseur. Et la vie n'est pas facile pour les garnisons de fichiers des camps retranchés de l'ère du virtuel...



mustang.jpgMUSTANG .- A71 (Rock français). Titres écoutés : « Le pantalon », « Mustang (instrumental) ».

Mustang est un trio clermontois rétro-futuriste. Elvis Presley croise le fer avec Nino Ferrer, tout en serrant la main aux Shadows qui disent bonjour à la new-wave. Voix de crooner, banane de rigueur, guitares fifties et orgue farfisa sous les doigts. Loin d'être passéiste, ce rockabilly synthétique et impertinent est d'une modernité étonnante. Ce genre de nouveaux groupes qui allie aussi intelligemment héritage musical et créativité débridée, on en redemande tous les jours pour le rock français !


toussaint.jpgAllen TOUSSAINT .- The Bright Mississippi (Jazz). Titre écouté : « Egyptian fantasy ».

Allen Toussaint est pianiste, chanteur, compositeur, producteur et arrangeur. C'est un personnage incontournable de la scène musicale néo-orléanaise que nous avons déjà évoqué au travers de son album de 1970 « From a whisper to a scream ». Il rend hommage, ici, au jazz new-orleans par le biais de Sydney Bechet, Django Reinhardt, Duke Ellington ou Thelonious Monk. Le son est patiné. Piano, clarinette, trompette nous transportent dans le temps. On retrouve Marc Ribot à la guitare, Brad Mehldau qui pique le piano sur un morceau et Joshua Redman au saxophone velouté. Un disq'uteur aurait aimé qu'Allen Toussaint chante davantage (il le fait tout de même sur un morceau). L' Ambiance est cosy et détendu.


xx.jpgThe XX .- [éponyme] (Rock). Titres écoutés : « Intro », « VCR ».

Grosse hype de fin d'année qui a cartonné tous les charts et tops 2009, The XX est un jeune groupe britannique à la pop économe et noctambule qui déambule au rythme de la basse, mixée très en avant. Trop simple pour certains mais pas si facile d'être minimaliste pour les autres, le groupe divise. Pourtant, au fur et à mesure de l'écoute, l'évidence des chansons infuse son venin et le charme opère. Alors, ne faites pas une croix sur ce disque, vous le regretteriez peut être.


pirate.jpgCOEUR DE PIRATE .- [éponyme] (Chansons). Titre écouté : « Comme des enfants ».

Derrière Cœur de Pirate se cache une jeune québécoise de 19 ans à la sensibilité exacerbée. Au piano et aux claps, elle chatouille notre émotion de sa petite voix éraillée. Une voix qui, d'ailleurs, peut irriter sur la durée. Mais, même si ces bonbons joliment composés collent parfois un peu trop aux dents, nos petits cœurs d'artichaut se laissent souvent prendre dans leurs filets.


DPZ.jpgDPZ .- He's looking at you, kid (Jazz fusion). Titres écoutés : « He's looking at you, kid », « Nicht nein my love ».

Premier disque du quintet de Thomas de Pourquery (sax) et Daniel Zimmerman (trombone), DPZ regroupe cinq lascars prêts à en découdre avec les frontières musicales. Leur musique est étrange, urbaine, cinématographique. Dès le premier morceau, ils nous entraînent dans un polar tendu à la King Crimson. On pense à John Zorn, Tom Waits ou Kat Onoma. On imagine une BO pour Tex Avery. D'un morceau l'autre, l'histoire avance et nous avec. Palpitant.


phoenix.jpgPHOENIX .- Wolfgang Amadeus Phoenix (Pop-rock). Titre écouté : « Lisztomania ».

Groupe français d'expression anglophone, Phoenix n'en est pas à son coup d'essai. Originaire de Versailles, à l'instar de Air ou Daft Punk et apparu à la même époque, ils signent avec « Wolfgang Amadeus Phoenix » leur quatrième album. Malgré leur notoriété en Angleterre ou aux États-Unis où ils viennent de recevoir un Grammy Award, la France ne leur a jamais accordé, avant ce disque, qu'un petit succès d'estime. La reconnaissance est enfin arrivée en 2009 où ils ont été unanimement salués. Pourtant, ils n'ont pas su convaincre les disq'uteurs qui, au delà des compositions, ont trouvé leur son trop produit, compressé et manquant de profondeur. Une histoire d'oreilles qui ne doit pas occulter les réelles qualités de ce disque qui devrait plaire aux amateurs de pop sophistiquée.


gardot.jpgMélody GARDOT .- My one and only thrill (Jazz vocal). Titres écoutés : « If the stars were mine », « who will comfort me ».

Personne ne peut lui résister. Vous la connaissez déjà, sûrement. Ses cordes vocales sont un mélange de soie et de satin. Sa voix se balade sur les notes et autour des notes avec une aisance liquide, comme en apesanteur. Ce ressenti est d'autant plus flagrant que la prise de son est phénoménale. Vous n'écoutez pas Mélody Gardot, vous l'invitez à la maison. Elle vous susurre à l'oreille ce que lui raconte la guitare. Les musiciens sont là : les cordes dans votre salon, les cuivres à l'étage et vous flottez sur un nuage. Une classe folle se dégage de tous les titres, entièrement composés par la dame elle-même. Une grande dame.


bartoli.jpgCécilia BARTOLI .- Sacrificium (Opéra). Titres écoutés : « Nicola Porpora : Come nave in mezzo all'onde », « Antonio Caldara : Profezie, di me diceste ».

Accompagnée de l'ensemble « Il Giardino Armonico » dirigé par Giovanni Antonini, Cécilia Bartoli rend hommage aux castrats et nous offre une synthèse qui fera date. Les airs composés pour les castrats sont parmi les plus difficiles de la musique baroque et supposent une virtuosité exceptionnelle. Qui d'autres que cette grande cantatrice, parmi les plus populaires, pouvaient les interpréter avec une telle maîtrise vocale ? L'assemblée des disq'uteurs, en tout cas, en reste sans voix et ne peut que s'incliner devant l'émotion séculaire transmise par ces êtres sacrifiés sur l'autel de la musique.


grizzly.jpgGRIZZLY BEAR .- Yellow house (Pop). Titres écoutés : « Easier », « Knife ».

Salué en 2009 pour leur nouvel album « Veckatimest », Grizzly Bear avaient déjà marqué les esprits avec le précédent « Yellow house » en 2006. Leur musique prend l'ampleur d'une « pop de chambre » au folk intimiste. Elle est désuète et aventureuse. Les noms fusent : on croirait Roy Harper, ça ressemble un peu à Kate Bush, la voix et le chant évoque même Robert Wyatt. L'instrumentation est originale et les morceaux ne sont pas calibrés pour les hits-parade. Ils se déploient avec lenteur. Un disq'uteurs parle même de post-psychédélisme en invoquant Jefferson Airplanes. Bref, un disque qui n'a laissé personne indifférent et a beaucoup séduit.


winston.jpgCharlie WINSTON .- Hobo (Pop-folk). Titre écouté : « In your hands ».

Chanteur britannique au succès principalement francophone, Charlie Winston a été le grand héros POPulaire de l'année. Entre Ben Harper et Keziah Jones en peut être plus consensuel, ses chansons séduisent par une rythmique entraînante et des arrangements réactifs. Mais le disque est trop inégal (notamment dans les chansons lentes) et la production un peu lisse n'évite pas les travers d'une variété interchangeable.


babx.jpgBABX .- Cristal ballroom (Chansons). Titres écoutés : « Electrochocs ladyland », « Bons baisers d'Islamabad ».

Un univers aussi singulier et addictif que celui de Babx se doit de ne pas passer inaperçu. S'il peut faire penser au Bashung dernière période, c'est d'abord pour l'exigence musicale et les textes très travaillés. Vocalement, Camille Bazbaz s'impose mais la comparaison s'arrête là. Multi-instrumentiste impressionnant (il joue du piano, de la guitare, de l'accordéon, du saxophone, de la balalaïka, et ce n'est qu'une sélection), babx compose chaque chanson comme un univers touffu aux histoires expressionnistes. A noter la participation du guitariste Marc Ribot en duo avec Babx sur le titre le plus dénudé de l'album. On lui prédit le même avenir qu'un Benjamin Biolay dont le dernier disque « La Superbe », aussi sorti en 2009, est devenu un classique instantané que nous vous recommandons chaudement.


henriksen.jpgArve HENRIKSEN .- Cartography (Electro-jazz). Titres écoutés : « Poverty and its opposite », « Before and after life ».

Quatrième disque du trompettiste Arve Henriksen, « Cartography » explore un monde en suspension. Son jazz est profondément contemporain et européen. Ambient, nu, électronique, il rappelle par bien des aspects Nils Petter Molvaer. Quelqu'un fait remarquer qu'il fait pleurer sa trompette. Percussions, voix (dont David Sylvian, ancien leader de Japan), programmations tissent un tapis volant sur lequel plane Henriksen. Les textures sont très travaillées, des chants du déserts sont cités comme analogues aux sensations éprouvées. Nous sommes en apesanteur et l'envie nous prend de fermer les yeux pour continuer le voyage. « Cartography » ou la relaxation par le jazz.

kylesa.jpgKYLESA .- Static tensions (Hardcore). Titres écoutés : « Scapegoat », « Unknownawareness ».

Le tic-tac bruyant d'un réveil qui s'emballe déroule le tapis rouge pour l'arrivée d'une batterie tribale. L'explosion n'est pas loin et elle arrive en effet avec un riff de guitare lourd et saccadé suivi d'une voix rageuse et hurlante. Hardcore dit « sludge » (de sludgy, boueux, vaseux) ou encore « crust punk » (punk anarchiste), on pourrait dire que la musique de Kylesa ne fait pas dans la dentelle. Et pourtant, un rien de psychédélisme, une production digne de ce nom (qui permet de bien distinguer les deux batteurs du groupe !) et de vraies mélodies accrocheuses font de « Static tensions » un disque passionnant.

animal.jpgANIMAL COLLECTIVE .- Strawberry jam (Pop). Titres écoutés : « peacebone », « chores ».

Animal Collective a remporté tous les suffrages en 2009 avec « Merriweather post pavilion » , comme s'ils étaient tombés des nues. Très bien, mais c'est oublié un peu vite que le groupe a déjà 5 albums à son compteur et que sa formule psyché-pop expérimentale est déjà bien rôdée. En 2007, tout le monde s'enflammait pour ce « Strawberry jam ». A juste raison : relativement plus accessible que ses prédécesseurs , il reste malgré tout complètement à l'ouest. Spectorien en diable, Animal Collective bâtit un mur de sons étanche. Les chansons sont comme un jeu vidéo qui clignote dans tous les coins. L'oreille est tellement sollicitée que la quête de repères finit par épuiser l'auditeur. Un disque foisonnant et exigeant qui mérite de nombreuses écoutes et que les disq'uteurs résument ainsi : de la pop sixties dans un mixeur, du rock chewing-gum !


ONJ.jpgORCHESTRE NATIONAL DE JAZZ (ONJ) .- Around Robert Wyatt (Jazz). Titre écouté : « Just as you are ».

L'ONJ est un ensemble qui change d'équipe tous les deux ou trois ans. En 2009, c'est Daniel Yvinec, contrebassiste et fin pédagogue, qui prend le relai en constituant un orchestre de jeunes musiciens « sans à-priori ». Son projet : consacrer un disque autour de la figure légendaire de Robert Wyatt, leader des premiers Soft Machine et auteur du classique « Rock bottom ». Il choisit d'emblée son homologue contrebassiste, Vincent Artaud, pour arranger les chansons et recrute les voix de Rokia Traoré, Yael Naïm, Arno, Daniel Darc, Camille, Irène Jacob et bien sûr robert Wyatt, qui chante sur 5 morceaux. Au final, l'hommage est une totale réussite adoubée par le maître.

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Richard HAWLEY .- Late night final (rock). Titres écoutés : « Baby, you're my light », « The nights are cold ».

Longtemps dans l'ombre de Jarvis Cocker et de Pulp, fleuron de la britpop, le guitariste Richard Hawley s'exprime depuis ce disque (2001) en son nom propre. Mais malgré 4 essais discographiques pourtant salués par la critique, son succès s'est cantonné au Royaume-Uni. Jusqu'à son « Truelove's gutter » de 2009 enfin unanimement reconnu en France. De sa voix de crooner crépusculaire, il cisèle des chansons lentes et élégantes, d'un autre temps. Des petits bijoux noirs au romantisme ardent qui s'apprécient d'autant plus que la nuit est obscure et le sommeil incertain. Sans ces conditions, tels les disq'uteurs, il est possible que vous trouviez cet univers un peu mou.

eiffel.jpgEIFFEL .- A tout moment (Rock français). Titres écoutés : « A tout moment la rue », « Nous sommes du hasard », « Mort j'appelle ».

Dignes héritiers de Noir Désir auxquels on ne peut qu' immanquablement les comparer, les Eiffel peinent pourtant à s'imposer définitivement (n'est pas Tour qui veut !). Mais, 5Ème disque de la formation, « A tout moment » est un collier de perles qui risque de mettre tout le monde d'accord. Romain Humeau est au sommet de son écriture et, tout en le laissant s'exprimer, a réussi à dompter son lyrisme échevelé. L'album regorge de tubes hymnesques, tel le morceau-titre ou de délicatesse arrache-cœur à l'image de « Mort j'appelle », mise en musique d'une poésie de François Villon. L'ensemble est magnifiquement arrangé, la sainte trilogie guitare, basse, batterie côtoyant violons, clarinette ou hautbois d'amour. Les disq'uteurs approuvent à l'unanimité.


satie.jpgErik SATIE / Alexandre THARAUD .- Avant-dernières pensées (Classique). Titres écoutés : « Gnossiennes », « Première gymnopédie », « Embryons desséchés », « Chez le docteur », « J'avais un ami ».

Avec ce disque, Alexandre Tharaud propose un florilège représentatif de l'œuvre d' Erik Satie (1866-1925), compositeur majeur encore trop incompris et méconnu ou alors résumé à quelques « tubes ». Il existe ainsi beaucoup de malentendus autour de cette figure contemporaine de Debussy et Ravel, amis proches et premiers admirateurs. Aux disq'uteurs, on s'amuse des titres évocateurs, très facétieux. La musique, d'une trompeuse simplicité, nous va droit au cœur. Mais la surprise est la découverte du Satie compositeur de chansons aux textes truculents. Ainsi, Juliette nous transporte « Chez le docteur » dans une consultation qui lui va comme un gant. Une réussite exemplaire.

Après ce petit bilan 2009, les Disq'uteurs terminent la soirée sur quelques grands classiques à découvrir et redécouvrir.


band.jpgThe BAND .- The last waltz (rock , 1976). Titres écoutés : « Stagefright », « Coyote », « Helpless ».

« The last waltz » est la BO du concert d'adieu de ce groupe célébrissime aux Etats-Unis. Réputés d'abord pour avoir accompagné Dylan de son électrification jusqu'au début des années 70 (on les retrouve sur « Planet Waves », « Before the Flood » et les « Basement Tapes »), ils ont ensuite marqué les esprits avec leurs deux premiers albums de rock séminal trempé dans le chaudron de l'américana. Pour prendre la mesure de la popularité du groupe, il suffit de regarder la liste des invités à ce chant du cygne : Paul Butterfield, Eric Clapton, Neil Diamond, Bob Dylan, Dr. John, Joni Mitchell, Van Morrison, Ringo Starr, Muddy Waters, Ron Wood et Neil Young. Un tel concert se devait d'être immortalisé : ce sera chose faite avec le film du même nom réalisé par Martin Scorsese himself et considéré comme une référence du genre.


CAN .- Ege bamyasi ; Tago mago (rock, 1971, 1972). Titres écoutés : « Pinch », « Paperhouse ».

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Ce soir-là, il y avait parmi les disq'uteurs un inconditionnel de Can, groupe emblématique du rock allemand des années 70, autrement appelé Krautrock. Dès les premières notes de « Ege Bamyasi », un constat s'impose : cette musique n'a pas vieilli ! Rien de surprenant à cela quand on sait que Can (et le rock allemand en général) nageait à cent coudées de son époque. Expérimentation et audace était les maîtres-mots de ce rock aventureux et sans concessions. On remarque par exemple que si la batterie tient le rythme, la basse se balade à son grès et s'occupe plus d'harmoniques que de métronomie. Un groupe à explorer en tenue de cosmonaute.














 

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