Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/10/2010

Les Disq'uteurs :11e rencontre

Pour la seconde fois, les disq'uteurs se sont donnés rendez-vous hors des murs de la dessin pick-up.jpgmédiathèque, cette fois-ci au restaurant La Grangette, à Rochesson.

En ce lundi 27 septembre 2010, pas de thématique, mais une belle approche de la musique et une sélection de disques très éclectiques, avec à notre disposition une chaine hi-fi haut-de-gamme pour enchanter nos oreilles. Saluons les petits nouveaux au passage: Jean-Pol, Yves et Virginie !

Prochain RDV : Mercredi 20 octobre, 20h00, à la médiathèque avec un spécial musique de film en partenariat avec le festival "Graines des Toiles" organisé par la MCL de Gérardmer.

 

vanony.jpgClaude Vanony

Humour ;France (Vosges)

« Il était une fois dans L'Est … » (vinyle; vers 1978)

Titre écouté: t'es peuh !

Nous ne commenterons pas: il faut être des Vosges pour comprendre! … toujours est-il que notre humoriste local fête cette année ses 40 ans de carrière à l'Olympia ! Cet ancien moniteur de ski , né en 1935, a débuté comme acteur dans une troupe de théâtre. Il met généralement en scène des paysans ou des bûcherons qui, de leur vie rurale, sont confrontés à des situations d'un monde moderne qui leur échappe. Le patois de nos montagnes est également à la fête, à l'image de ce sketch où le verbe d'un vosgien pur cru, se heurte à l'incompréhension d'un touriste japonais!

 

girls from enola.jpgGifts From Enola

Punk / Post-rock instrumental; USA (Virginie).

« Loyal Eyes Betrayed The Mind » (vinyle 2007)

Gifts from Enola tient son nom du tristement célèbre "Enola gay", le bombardier qui largua, le 6 août 1945, la bombe A sur la ville d' Hiroshima au japon ...

D'un point de vue strictement musical, le sextet évoque des groupes comme Explosions in the Sky, Mogwai, Botch ou Minus the Bear . Cet album est sorti en auto-production, et cela s'entend! Si le son souffre d'un réel manque de moyens, il n'en va pas de même pour l'énergie et le génie déployés par les musiciens! Des compositions à rallonges, proches du rock progressif , nous emmènent bien loin de là où elles débutent. Parfois volontaire et incisif,

Gifts From Enola sait se faire oppressant, tendu , puis mélancolique ou apaisé. Les guitares sonnent agréablement à la « Wishbone Ash », et sont en avant sur les autres instruments. Elles insufflent à ce groupe une tonalité très mélodique et, répétons-le, franchement progressive,ce qui est rare et bienvenu dans ce genre musical. Les compositions de Gifts From Enola ont su capter l'attention de tous les disq'uteurs durant plus de 20 minutes, y compris des novices du rock instrumental. En effet, l'absence (presque) totale de parties vocales n'a dérouté personne.


at the drive in.jpgAt The Drive In

Punk / Post HardCore; USA (Texas).

«  Vaya »( cd,1999)

Groupe créatif et bruyant (à ses débuts en 1993!) se revendiquant comme les héritiers des mythiques MC 5, At The Drive In tire son nom d'une chanson ( talk dirty to me) du groupe Poison .Côté influences palpables, citons Fugazi et Drive like Jehu...

Cet album, qui n'en est pas véritablement un, regroupe en fait des sessions studios de 1994 à 1998 d'approche expérimentale. On peut en effet entendre dans un même titre punk, rappelons-le, des influences électro, le psychédélisme des Pink Floyd, et l'ombre de Rage against the machine! Le résultat est détonnant non seulement d'originalité, mais aussi de cohérence. Son clair pour la batterie, guitares crasseuses façon 70's, chant scandé en phase avec les 90's, sont les points communs des titres de cet album. Chaque plage nous offre, en plus de textes sombres, émotionnels et mystérieux, une ambiance qui lui est propre. « Peut-être pas l'album le plus abouti du groupe, mais sans aucun doute le plus indispensable et original » (dixit Quentin qui nous a présenté ce disque!). A noter qu'après leur séparation (peut-être pas définitive), le groupe a éclaté en 2 formations: De Facto qui évoluera en Mars Volta, et Sparta.

 

grand bleu.jpgEric Serra

Musique de films; France

« Le Grand Bleu »(cd; 1988)

écouté en aveugle, il ne faut que quelques notes pour que nous reconnaissions( bravo Jean-Pol !) ce disque. Plusieurs fois primée, il va sans dire que cette bande originale a contribué au succès du film. La patte de l'auteur se traduit par des compositions fines et dépouillées, mettant en valeur le jeu subtil de chaque instrument, sans en laisser un seul trop en retrait ou trop en avant. Qu'on la ressente aérienne ou marine, c'est le mot de fluidité qui vient à l'esprit lorsqu'on écoute cette musique.

Si la qualité d'écriture est bien présente,avec des arrangements relevant de l'horlogerie, il faut bien reconnaître que la production et les orchestrations ont vieilli : nous sommes souvent en présence d'instruments synthétiques en lieu et place d'instruments acoustiques et cela s'entend un peu trop pour certains d'entre nous.... et le mixage laisse une scène sonore imprécise et voilée, c'est pourquoi les Disq'uteurs vous conseillent sans retenue de vous tourner vers la version anniversaire remasterisée, parue en 1998 pour les 10 ans du Grand Bleu, de qualité bien supérieure.

 

sweet.jpgThe Sweet

Glam-Rock; Glitter Rock; Angleterre

Fanny Adams( cd 1974)

Sans aucun doute le groupe le plus énergique et inventif de la scène « Glam », The Sweet n'en est pourtant pas le plus populaire...

 The Sweet, à ses débuts, en 1965, se nomme The Wainwright's Gentlemen, avec, pour l'anecdote, un premier mais éphémère chanteur: un certain Ian Gillan ...(Deep Purple)

...après des compositions assez romantiques(1970-73) dans le style des Archies ( le nom du groupe, traduisez  « le bonbon », est là pour nous rappeler l'éphémère mode du style « Bubble-gum »!),  le son de The Sweet dès 1974 devient plus proche du Hard-rock : guitares saturées, tempos élevés et basse solide au jeu endiablé . Ce sont précisément ces années que Claude, un des piliers des disq'uteurs, nous a fait revisiter: le groupe se fait désormais appeler Sweet, et les 2 titres présentés nous ont laissé sur les fesses !

 

pink floyd.jpgPink Floyd

concept-album pop-rock; inclassable; Angleterre

The Wall (vinyle; 1979)

Groupe fondé en 1966 par Roger Waters et L'énigmatique Syd Barrett, Pink Floyd , en plus de 30 ans d'existence, sera passé du statut d'inventeur du psychédélisme à l'anglaise, à celui de la machine pop la plus lucrative de l'histoire du rock.

« The Wall », presque entièrement écrit et composé par Roger Waters, nous parle de l'isolement émotionnel . Une transposition où il évoque son père absent ( mort au combat en 1944), sa mère autoritaire, et la rigidité d'un système scolaire l'ayant traumatisé à vie. Le personnage principal du disque, la rock-star Pink, finit par s'imaginer dictateur ; son public devient un peu son peuple et il finit par sombrer dans une folie meurtrière...

Rappelons que le son de cet album a beaucoup souffert lors de son transfert en numérique, et que les disq'uteurs recommandent aux possesseurs de platine de se tourner vers la version 33 tours, pas que pour la pochette... pour les autres, la remasterisation digitale 24 bits, est la plus convenable des rééditions en CD .

 

preisner.jpgZbigniew Preisner

Classique; Pologne

Requiem For my friend ( CD;1988; )

Zbigniew Preisner est un compositeur de musiques de films très célèbre dans son pays. Né en 1955, c'est un musicien autodidacte, qui dit s'inspirer de Jean Sibélius, bien qu'à l'écoute, il semble plus proche d' Arvo Pärt.

Ayant écrit plus de 30 musiques de films, il sera le compositeur attitré de Krzysztof Kieslowski. Pour les plus connues, citons les musiques de « la double vie de Véronique », ou de la trilogie « Trois couleurs » : trois longs métrages avec leurs propres compositions sous les noms de « Bleu », « Blanc » et « Rouge ». La musique de ce dernier volet sera d'ailleurs récompensée d'un césar en 1995. De nombreuses collaborations, primées ou non, en France comme à l'étranger, auront jalonné sa carrière ( avec Gainsbourg pour la musique d' Elisa, avec David Gilmour pour le projet « on an Island »...), citons aussi en exemple un Ours d'argent à Berlin pour la musique de «  The Island on bird street »(1996) …

 

Ce requiem sera écrit à la mort du cinéaste Krzysztof Kieslowski. C'est une œuvre méditative sur la mort et l'espérance chrétienne en l'au-delà.

Côté musique, elle est d'inspiration classique occidentale et orientale à la fois, ce qui lui donne une couleur particulière. A l'écoute, nous notons des constructions typiquement slaves, comme des points d'orgue dans l'extrême-grave surgi de nulle part, ou l'utilisation typique des silences.

Difficile de faire un disque plus épuré, à moins d'éditer un disque vierge, mais le niveau d'écriture est tel que personne n'a échappé à cette sensation d'élévation spirituelle que sait procurer ce requiem, qui n'a, comme nous l'avons dit ce soir là, rien à envier à celui de Gabriel Fauré par exemple.

La prise de son, faite dans une église, est exemplaire et nous offre de très belles réverbérations. Porté par un orgue aux sonorités rondes, présentes et charnelles, le chant de la soprano Elzbieta Towarnicka est splendide , empli d'émotion, parfois proche de la rupture, bouleversant.


vangelis.jpgVangelis O. Papathanassiou

concept-album pop; inclassable; Grèce

« Earth »(vinyle; 1973)

Membre fondateur des Aphrodite's Child aux côtés de Demis Roussos ( si-si: ça ne s'invente pas) , celui que nous connaissons désormais par son prénom et qui a excellé dans les musiques de films( « 1492 »; »les chariots de feu »...) ou de reportages( « l'opéra sauvage »... ), a aussi tenté des aventures pop expérimentales.

De 1971 à 1973, Vangelis publie 3 albums, dont 2 sont devenus des pièces de collection très rares  « The Dragon » et « Fais que ton rêve soit plus long que la nuit ».

Le 3eme, « Earth » à peine plus courant, a tout de même été réédité en CD, mais en très faible tirage.

Vangélis va là où on ne l'attend pas. Les compositions sont empreintes d'ambiances orientales, les percussions omniprésentes et le chant, d'un titre à l'autre, passe de la déclamation poétique à la transe chamanique. Les musiques aux accents telluriques, semble sortir, comme le nom de l'album l'indique, tout droit des entrailles de la Terre.

Il nous passe par l'esprit que le compositeur a écrit cette œuvre après un voyage initiatique à Katmandou, tant le raga indien imprègne les compositions. Un disque à connotation mystique, très varié, au point que nous sommes interpellés par l'absence de cohérence d'un titre à l'autre, qui pourtant s'enchaînent. Mais l'écoute de 3 morceaux suffit-elle pour aborder un disque-concept aussi atypique ...

 

Les commentaires sont fermés.