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09/03/2012

Compte-rendu des disq'uteurs (décembre 2011)

 Disq'uteurs 21

 lundi 19 décembre 2011

 

images.jpgRue Edgar Poe .-Mon chat & moi / Échec mat (2011)

 La séance débute par la découverte d'un jeune groupe parisien qui s'autoproduit. Le disque est un deux titres que l'on s'écoute intégralement, pour le moins charmé par la spontanéité des morceaux. La guitare, racée et mélodieuse, est dans une veine pop sixties, un brin garage. Le tour de force vient particulièrement de la chanteuse, Muriel Sabatier, dont la voix et le chant donnent aux paroles françaises une fluidité anglo-saxonne. Un groupe à suivre de près.

 

 index.jpgBernard Lavilliers .- Le Stéphanois (1975)

 « Le Stéphanois » est le deuxième album de notre chanteur baroudeur national. Qui d'autres pour nous faire autant voyager avec une chanson ? Qui d'autres pour nous embarquer dans autant d'aventures par procuration, les pieds bien au chaud dans nos chaussons ? Il suffit de « San Salvador »! La légende raconte qu'il rencontra, à 19 ans, une hôtesse de l'air qu'il suivit jusqu'au Brésil. Sacré Bernard ! Sur « La Grande marée », certainement une de ses plus belles chansons, il nous évoque Moustaki. Mais Manset et sa « Mort d'Orion » nous passe aussi par la tête. Des poètes.

 

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Dead Weather .- Horehound (2009) / Sea of cowards (2010)

 Place au rock terreux et tranchant : the Dead Weather est une équipe de choc qui réunit Jack White (les White Stripes), Alisson Mosshart (les Kills), Dean Fertita (Queens of the Stone Age) et Jack Lawrence (des Raconteurs). Autant dire qu'on tremblerait moins en présence d'un camion de nitroglycérine ! L'alliage est donc explosif mais contrôlé, viscéral. Le blues transpire à travers des riffs lacérés, la batterie est implacable, chacun est à son poste pour nous mettre en transe. Petite préférence tout de même pour le premier opus, « Horehound ».

 

pompe.jpgLa Pompe Moderne .- Greatest hits (2009)

 Derrière la Pompe Moderne se cache un hommage à Brassens et à la variété française contemporaine...que ne peut donc pas connaître Brassens, et pour cause ! Le groupe, auparavant intitulé The Brassens, se trouve habité par l'esprit du grand moustachu et reprend à la manière sétoise (débit des mots et jeux de guitare) nos grands succès radiophoniques tels « Au bal masqué », « Libertine » ou même du Daft Punk françisé, « Plus dur, meilleur, plus rapide, plus fort » (autrement dit : « Harder, better, faster, stronger »). De l'avis général, c'est sympathique mais plutôt à voir qu'à simplement écouter.

 

terje.jpgTerje Rypdal .- Descendre (1980)

 Inconnu au bataillon des disq'uteurs (sauf à celui qui eut la bonne idée de nous le faire découvrir), ce guitariste norvégien arrive à point nommé pour adoucir l'atmosphère chargée d'électricité bluesy. Fidèle du célèbre label allemand ECM, il accompagne les débuts du saxophoniste Jan Garbarek et sa musique en sera durablement marquée. En écoutant « Descendre », Pink Floyd et Tangerine Dream viennent aussi à l'esprit. De fait, toute l'architecture de son style se forge dans ce nœud jazz-rock, aux sonorités planantes. La musique exprime alors la bande sonore d'un paysage inexploré s'étendant à perte de vue. Avis aux explorateurs...

 

water.jpgWater Pipe Cult .- Ultra muggin sounds (2010)

 Retour au rock zébré de riffs incendiaires. Emmené par une chanteuse possédée, Water Pipe Cult est un groupe du sud de la France qui envoie du gros son à l'ancienne et déborde d'énergie électrique. Entrevu au Grattoir en 2011, pour les chanceux, Water Pipe cult n'est pas sans rappeler le groupe de Jack White précédemment cité et sa chanteuse n'a rien à envier à Alisson Mosshart. Guettez l'affiche de votre bar favori, il se pourrait bien qu'ils reviennent un jour enflammer les terres gérômoises.

 

total.jpgTotal Fucking Destruction .- Hater (2011)

 Attention, rien ne va plus ! A trop saturer les voltmètres, le compteur vire dans le rouge et les aiguilles s'affolent. Avant d'entrer dans « Hater », Enfilez votre tenue de combat et préparez-vous à la déflagration. Dès son nom, Total Fucking Destruction dit tout : il n'y aura pas de survivants. 27 morceaux vous attendent pieds au plancher et tympans dans la tourmente. Les titres des chansons sont tous plus baroques les uns que les autres (Weaponization of the Mega-Self, 7 billion imaginary deaths, Nekropunk, Attack of the supervirus...) et le message est clair : l'apocalypse a déjà eu lieu !

 

westside.jpgWestside Connection .- Bow Down (1996)

 Nullement impressionné par la fin du monde, un disq'uteur remarque que le rap n’apparaît pas beaucoup dans nos sélections. En effet, depuis les débuts de cette folle aventure musicale, nous n'avons écouté en la matière que le « Stankonia » d'Outkast. Il était donc grand temps de rectifier le tir et c'est chose faîte avec cet album de Westside Connection, groupe de gangsta-rap (west coast hip-hop) emmené par le rappeur Ice Cube. « The gangsta, the killa and the dope dealer » donne d'emblée leur version du « Bon, la Brute et le Truand » et « Do you like criminals » nous somme de choisir notre camp. Malgré tout, le tempo reste souple et (relativement) indolent dans un rap oldschool qui se souvient de ses racines. Le rap américain dans toute sa majesté.

 

 disq'uteursThe Kills .- Midnight boom (2008)

 Tout comme les White Stripes, les Kills sont un groupe clé du renouveau rock des années 2000. Tout comme eux également, il s'agit d'un duo mixte qui, à la friction, provoque des étincelles. Loin de toute esbroufe, le secret de leur efficacité réside dans leur minimalisme et leur « beat » sec et nerveux. Et...et..., bien sûr, dans le chant tendu et complètement investi de notre icône du moment, Alisson Mosshart ! Avec 4 albums au compteur (celui-ci est le troisième), le guitariste Jamie Hince et sa comparse peuvent se flatter d'avoir redonner au rock ses 4 lettres de noblesse.

 

isam.jpgAmon Tobin .- Isam (2011)

 Vous aviez compris, j'espère, les disq'uteurs aiment le rock. De temps en temps, toutefois, ils s'aventurent hors des sillons binaires vers des territoires synthétiques aux racines extraterrestres. Or, s'il est un défricheur dans ces contrées où règnent les machines, c'est bien le brésilien Amon Tobin. Figure emblématique des musiques électroniques, oscillant entre drum and bass et électronica (pour simplifier), il divise les auditeurs avec ce nouveau disque, pour le moins inconfortable. Quoiqu'on puisse lui reprocher cependant, on ne peut lui dénier un savoir-faire incomparable dans le travail des textures et un certain sens de l'architecture sonore.

 

strokes.jpgThe Strokes .- Room on fire (2003)

 Le jingle final de ces disq'uteurs ne pouvait être qu'habité par la musique du diable qui, tel un phénix, renaît de ses cendres à chaque nouvelle décennie. Dans les années 2000, il y eut les Libertines, les White Stripes, les Kills et ce groupe à la patte sonore reconnaissable entre toutes : les Strokes. L'art des Strokes réside dans un talent mélodique indéniable, des textes bétons et surtout, deux éléments addictifs : le timbre du chanteur Julian Casablanca, au grain désinvolte et rocailleux, et l'entrelacement tubesque des deux guitaristes, Nick Valensi et Albert Hammond Jr. Les riffs se bousculent en pagaille et vous harponnent dès la première seconde pour ne plus vous laisser de répit. Bonne nuit.

 

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