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10/06/2013

Les Disq'uteurs fêtent leur 4ième bougie !

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La médiathèque de Gérardmer est heureuse et fière de vous convier au quatrième anniversaire de votre rendez-vous mensuel autour de la musique. A cette occasion, elle ne déroge pas à la règle et sort de ses murs pour aller à votre rencontre. Nous vous attendons, les oreilles impatientes, au Bar Le Grattoir, sous le signe du 4 !

10/03/2012

Les Disq'uteurs : Février-Juin 2012

disq'uteurs

09/03/2012

Compte-rendu des disq'uteurs (décembre 2011)

 Disq'uteurs 21

 lundi 19 décembre 2011

 

images.jpgRue Edgar Poe .-Mon chat & moi / Échec mat (2011)

 La séance débute par la découverte d'un jeune groupe parisien qui s'autoproduit. Le disque est un deux titres que l'on s'écoute intégralement, pour le moins charmé par la spontanéité des morceaux. La guitare, racée et mélodieuse, est dans une veine pop sixties, un brin garage. Le tour de force vient particulièrement de la chanteuse, Muriel Sabatier, dont la voix et le chant donnent aux paroles françaises une fluidité anglo-saxonne. Un groupe à suivre de près.

 

 index.jpgBernard Lavilliers .- Le Stéphanois (1975)

 « Le Stéphanois » est le deuxième album de notre chanteur baroudeur national. Qui d'autres pour nous faire autant voyager avec une chanson ? Qui d'autres pour nous embarquer dans autant d'aventures par procuration, les pieds bien au chaud dans nos chaussons ? Il suffit de « San Salvador »! La légende raconte qu'il rencontra, à 19 ans, une hôtesse de l'air qu'il suivit jusqu'au Brésil. Sacré Bernard ! Sur « La Grande marée », certainement une de ses plus belles chansons, il nous évoque Moustaki. Mais Manset et sa « Mort d'Orion » nous passe aussi par la tête. Des poètes.

 

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Dead Weather .- Horehound (2009) / Sea of cowards (2010)

 Place au rock terreux et tranchant : the Dead Weather est une équipe de choc qui réunit Jack White (les White Stripes), Alisson Mosshart (les Kills), Dean Fertita (Queens of the Stone Age) et Jack Lawrence (des Raconteurs). Autant dire qu'on tremblerait moins en présence d'un camion de nitroglycérine ! L'alliage est donc explosif mais contrôlé, viscéral. Le blues transpire à travers des riffs lacérés, la batterie est implacable, chacun est à son poste pour nous mettre en transe. Petite préférence tout de même pour le premier opus, « Horehound ».

 

pompe.jpgLa Pompe Moderne .- Greatest hits (2009)

 Derrière la Pompe Moderne se cache un hommage à Brassens et à la variété française contemporaine...que ne peut donc pas connaître Brassens, et pour cause ! Le groupe, auparavant intitulé The Brassens, se trouve habité par l'esprit du grand moustachu et reprend à la manière sétoise (débit des mots et jeux de guitare) nos grands succès radiophoniques tels « Au bal masqué », « Libertine » ou même du Daft Punk françisé, « Plus dur, meilleur, plus rapide, plus fort » (autrement dit : « Harder, better, faster, stronger »). De l'avis général, c'est sympathique mais plutôt à voir qu'à simplement écouter.

 

terje.jpgTerje Rypdal .- Descendre (1980)

 Inconnu au bataillon des disq'uteurs (sauf à celui qui eut la bonne idée de nous le faire découvrir), ce guitariste norvégien arrive à point nommé pour adoucir l'atmosphère chargée d'électricité bluesy. Fidèle du célèbre label allemand ECM, il accompagne les débuts du saxophoniste Jan Garbarek et sa musique en sera durablement marquée. En écoutant « Descendre », Pink Floyd et Tangerine Dream viennent aussi à l'esprit. De fait, toute l'architecture de son style se forge dans ce nœud jazz-rock, aux sonorités planantes. La musique exprime alors la bande sonore d'un paysage inexploré s'étendant à perte de vue. Avis aux explorateurs...

 

water.jpgWater Pipe Cult .- Ultra muggin sounds (2010)

 Retour au rock zébré de riffs incendiaires. Emmené par une chanteuse possédée, Water Pipe Cult est un groupe du sud de la France qui envoie du gros son à l'ancienne et déborde d'énergie électrique. Entrevu au Grattoir en 2011, pour les chanceux, Water Pipe cult n'est pas sans rappeler le groupe de Jack White précédemment cité et sa chanteuse n'a rien à envier à Alisson Mosshart. Guettez l'affiche de votre bar favori, il se pourrait bien qu'ils reviennent un jour enflammer les terres gérômoises.

 

total.jpgTotal Fucking Destruction .- Hater (2011)

 Attention, rien ne va plus ! A trop saturer les voltmètres, le compteur vire dans le rouge et les aiguilles s'affolent. Avant d'entrer dans « Hater », Enfilez votre tenue de combat et préparez-vous à la déflagration. Dès son nom, Total Fucking Destruction dit tout : il n'y aura pas de survivants. 27 morceaux vous attendent pieds au plancher et tympans dans la tourmente. Les titres des chansons sont tous plus baroques les uns que les autres (Weaponization of the Mega-Self, 7 billion imaginary deaths, Nekropunk, Attack of the supervirus...) et le message est clair : l'apocalypse a déjà eu lieu !

 

westside.jpgWestside Connection .- Bow Down (1996)

 Nullement impressionné par la fin du monde, un disq'uteur remarque que le rap n’apparaît pas beaucoup dans nos sélections. En effet, depuis les débuts de cette folle aventure musicale, nous n'avons écouté en la matière que le « Stankonia » d'Outkast. Il était donc grand temps de rectifier le tir et c'est chose faîte avec cet album de Westside Connection, groupe de gangsta-rap (west coast hip-hop) emmené par le rappeur Ice Cube. « The gangsta, the killa and the dope dealer » donne d'emblée leur version du « Bon, la Brute et le Truand » et « Do you like criminals » nous somme de choisir notre camp. Malgré tout, le tempo reste souple et (relativement) indolent dans un rap oldschool qui se souvient de ses racines. Le rap américain dans toute sa majesté.

 

 disq'uteursThe Kills .- Midnight boom (2008)

 Tout comme les White Stripes, les Kills sont un groupe clé du renouveau rock des années 2000. Tout comme eux également, il s'agit d'un duo mixte qui, à la friction, provoque des étincelles. Loin de toute esbroufe, le secret de leur efficacité réside dans leur minimalisme et leur « beat » sec et nerveux. Et...et..., bien sûr, dans le chant tendu et complètement investi de notre icône du moment, Alisson Mosshart ! Avec 4 albums au compteur (celui-ci est le troisième), le guitariste Jamie Hince et sa comparse peuvent se flatter d'avoir redonner au rock ses 4 lettres de noblesse.

 

isam.jpgAmon Tobin .- Isam (2011)

 Vous aviez compris, j'espère, les disq'uteurs aiment le rock. De temps en temps, toutefois, ils s'aventurent hors des sillons binaires vers des territoires synthétiques aux racines extraterrestres. Or, s'il est un défricheur dans ces contrées où règnent les machines, c'est bien le brésilien Amon Tobin. Figure emblématique des musiques électroniques, oscillant entre drum and bass et électronica (pour simplifier), il divise les auditeurs avec ce nouveau disque, pour le moins inconfortable. Quoiqu'on puisse lui reprocher cependant, on ne peut lui dénier un savoir-faire incomparable dans le travail des textures et un certain sens de l'architecture sonore.

 

strokes.jpgThe Strokes .- Room on fire (2003)

 Le jingle final de ces disq'uteurs ne pouvait être qu'habité par la musique du diable qui, tel un phénix, renaît de ses cendres à chaque nouvelle décennie. Dans les années 2000, il y eut les Libertines, les White Stripes, les Kills et ce groupe à la patte sonore reconnaissable entre toutes : les Strokes. L'art des Strokes réside dans un talent mélodique indéniable, des textes bétons et surtout, deux éléments addictifs : le timbre du chanteur Julian Casablanca, au grain désinvolte et rocailleux, et l'entrelacement tubesque des deux guitaristes, Nick Valensi et Albert Hammond Jr. Les riffs se bousculent en pagaille et vous harponnent dès la première seconde pour ne plus vous laisser de répit. Bonne nuit.

 

04/06/2011

Bon Anniversaire Disq'uteurs !

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27/04/2011

Disq'uteurs 16

 sheila.jpgSheila & B.Devotion .- Seven lonely days (1979)

En 1977, l'école est finie pour Sheila et c'est l'heure de l'émancipation. Elle coupe le cordon avec les sixties et, dans un short moulant à paillettes, s'écrie « Love me baby », accompagnée de trois danseurs noirs qui ne se font pas prier. C'est le début de sa période disco et des « B.Devotion ». Le sémillant « picture disc » (pochette directement imprimée sur le vinyle) que nous écoutons, provient de cette période endiablée où la belle enflammait les dancefloors. Le morceau est dans une veine pop à la ABBA et les reins des disq'uteurs esquissent un début de déhanchement qui prouve, s'il en était besoin, leur aptitude à briller sous les stroboscopes. Un an plus tard, Sheila sortira l'album « King of the World » produit et composé, excusez du peu, par le groupe Chic et brillera, telle une étoile dans les boites de nuit, avec le tube planétaire « Spacer ». La classe.

 

antony 1.jpgantony 2.jpgAntony & the Johnsons .- The Crying light & Swanlights (2008 et 2010)

Antony est étonnant. Et ne peut laisser indifférent. Entre deux mondes, entre homme et femme, ce personnage androgyne surprend et déroute. Sa voix côtoie les cieux mais un léger vibrato nous laisse dans une écoute inconfortable. Les compositions sont sophistiquées entre pop, classique et avant-garde et soutiennent un chant douloureux, empreint de lyrisme. Le romantisme noir de cet oiseau nocturne divise (trop ambitieux ou appuyé pour certains). Reste une fascination qui nous hypnotise malgré tout et des chansons complexes qui réclament plusieurs écoutes. Antony Hegarty est véritablement un artiste singulier.

 charlelie.jpgCharlElie Couture .- Fort rêveur (2010)

Depuis 1978, CharlElie Couture fait partie du paysage établi de la chanson française. Sans être un spécialiste du bonhomme, on reconnaît entre mille le timbre si particulier de sa voix. Installé à New-York depuis une dizaine d'année, il nous donne régulièrement des nouvelles discographiques. Avec « Fort rêveur », il signe son 19ème album studio et, par la même occasion, ses 30 ans de carrière. Résolument urbaine, sa musique trempe dans le chaudron du blues et les guitares s'en donnent à cœur joie, en contre-point de son phrasé rocailleux et languissant. Charlélie Couture chante notre nouvelle ère ployant sous le trop-plein d'informations, l'excès de production et l'ironie de sa répartition. Un regard sur le monde et aussi sur lui-même, idéal pour un long trajet en voiture.

 

betsh 1.jpgbetsch 2.jpgBertrand Betsch .- La Soupe à la grimace & la Chaleur humaine (1997 et 2007)

Premier et dernier album de la discographie de Bertrand Betsch, « la Soupe à la grimace » et « la Chaleur humaine », présentent deux facettes d'un auteur-compositeur trop méconnu et, pour le coup, loin d'être établi dans le paysage de la chanson française. Deux facettes donc, dix ans d'écart et des notes et des mots qui ont coulé sous les doigts. De son côté, « La soupe à la grimace » expose le côté obscure de la force : « Passer sous le métro », « Colère », « Un mauvais vivant » ou cette terrible chanson par laquelle nous commençons notre écoute, « la Complainte du psycho killer » dans laquelle il se met à la place d'un tortionnaire qui parle à sa victime. De l'autre, « La chaleur humaine » dégage un certain apaisement : le morceau titre bien sûr mais aussi « Mon ami » ou « les Gens qui s'aiment ». Dans les deux cas, les chansons sont d 'une grande simplicité et nous vont droit au cœur. Elles émanent d'un esprit torturé dont la force créatrice tient de la thérapie quotidienne.

 

jamait.jpgYves Jamait .- De verre en vers (2005)

Ne quittez pas votre partenaire, le quart d'heure français continue dans un autre style. « De verre en vers » est le premier album d'un artiste qui a su séduire la fibre émotionnelle d'un large public. Guitare, contrebasse, accordéon tricotent un canevas entre swing manouche, chansons tendres et java endiablée. Propulsé par le soutien de Patrick Sébastien, qui le programmera régulièrement dans le Plus Grand Cabaret du Monde, Yves Jamait est, désormais, à mi-chemin entre un titi parisien des années 20, un Mano Solo moins écorché (caresse-moi, chanson poignante) et un Bénabar pour les chroniques cabotines (Ok, tu t'en vas). Un cocktail détonnant, qui ne ressemble finalement qu'à lui-même, à écouter au troquet entre deux mousses.

 

jj cale.jpgJJ Cale .- Grasshopper (1982)

Maintenant, installez-vous bien dans vos santiags, la guitare à JiJi vient balayer la poussière dans les sillons de la platine. Serions-nous en présence du Saint-Père ? Knopfler (Dire Straits), Clapton lui doivent beaucoup. Pourtant l'œuvre est à la fois référentielle et modeste, en dehors du rythme du monde et des frasques du show-business. Depuis 1972, le cowboy sédentaire de Tulsa (Oklahoma), trace sa route, constant et immuable entre country et blues. Les chansons sont courtes et terminent toujours leur dernière note dans le lointain, comme un cavalier s'évanouissant à l'horizon. Ce raconteur d'histoires nous rappelle, à travers son jeu de guitare laidback (petit débat sur ce terme obscure qui signifie jouer en arrière du temps, d'une manière décontractée), son « cousin » néo-orléanais, Tony Joe White, figure tutélaire du swamp rock ou rock du bayou.

 

beth gibbons.jpgBeth Gibbons & Rustin man .- Out of season (2002)

En 2002, la chanteuse Beth Gibbons s'émancipe momentanément de son groupe Portishead et s'allie à Rustin man, alias Paul Webb, qui n'est autre que l'ancien bassiste du groupe Talk Talk. A eux deux, ils gravent 10 titres en apesanteur, comme touchés par la grâce. Bien sûr, la voix de Beth Gibbons, vertigineuse, y est pour beaucoup. Mais les tapis de cordes, le piano sépulcral, la guitare asséchée font de « Out of season » un paysage d'hiver d'une infinie beauté. Sa dimension cinématographique nous évoque un film imaginaire, entre chien et loup, dans un monde à la réalité mystérieuse. Un disque isolé, culte, qui pénètre au plus profond de nous-même.

 

dead elephant.jpgDead Elephant .- lowest shared descent (2007)

Ce trio italien n'est pas là pour faire de la tarentelle, encore moins de la dentelle. Il n'empêche, sur son site, il précise qu'il parle autant au cerveau qu'aux intestins. Pour se faire, le groupe convoque et convie à la fête doom, krautrock, black metal, noise, post-hardcore et rock industriel. Excellemment produite, et qui plus est joliment emballée dans un artwork lugubre à souhait, cette mixture de verre pilé se digère sans aigreur. Dead Elephant revisite nos terreurs mais avec l'élégance et la créativité de ceux qui savent que nos pires cauchemars sont labyrinthiques et impénétrables. Aucune surprise donc à croiser sur un titre, l'impressionnant chanteur d'Oxbow, Eugene Robinson.

 

oxbow.jpgOxbow .- The Narcotic story (2007)

Nous enchaînons tout naturellement sur Oxbow dont la personnalité du chanteur nous intrigue. Formé en 1990, ce groupe, rattaché à la scène noise / hardcore (Jesus Lizard, notamment, avec lequel il tournera), s'en détache pourtant grâce à l'originalité de ses atmosphères poisseuses et des vocalises d'Eugene Robinson. Ce chanteur néo-vaudou vocifère et gémit d'une voix torturée (à la Roger Waters diront certains disq'uteurs) sur des morceaux dont la structure est flou, sans véritable centre. Blues décharné, marqué au fer rouge, la musique d'Oxbow est un cri de douleur claustrophobique et animal. Nous nageons en plein chaos, dans un futur apocalyptique et la soirée se termine. Dire qu'il va falloir dormir...!